:

6.La Martinière-le Pellerin

6.On est payé 151 jours après

 

Dates Chargé à Produits Livré pour  mr Lieu Kms vide Kms plein
21.09.1902 

Les Isles 

en loire

   sable  Jean Turpin  Cale au sable  13km  19km 
Quantités Tonnage Doit Francs Règlé le Délai/jours Frais francs Divers
 10 m3 15 t   15 francs 18/2/1903   151 jours  ----  ----

Journal subodoré et raconté au fil du canal et des isles, mais ce n'est pas une fiction.

Quand un chaland passe, charge ou décharge dans un petit port, on est très souvent repèré et interpellé pour des transports à faire . Quand il n'y a personne et que l'on est en manque de travail, un tour à l'épicerie buvette du coin et c'est souvent le meilleur moyen d'avoir des commandes . Pour le sable pris en loire, c'est assez facile et même les  paysans, les herbagers, les métayers, les laboureurs se groupent pour faire livrer des gabarreaux complets que l'on peut diviser en barriques . C'est ce qui nous arrive souvent à la Teignouse . 

10-0-0083-le-pellerin-1.jpg

En attendant, le 20-9-1902, on repart aux Champs Neufs, on sort en Loire parl'écluse de petite navigation, on retrouve notre île favorite avec le reflux pour charger 10 m3 de sable sur le côté de l'île où le sable se dépose naturellement . On est pas loin d'une drague qui charge des collègues plus riches car nous avons notre jeunesse et l'enthousiasme et nous voulons éviter de payer sous la drague car nous ne sommes pas encore pressés par les commandes . C'est pour Jean Turpin de la Teignouse, lais à déposer sur la cale au sable sur le quai du Pellerin . On se dépèche pour prendre la remonte, on saute notre repas cela attendra, on vide le plus d'eau possible pour s'alléger, on pousse , on rame ,on se dégage avec la montée des eaux, on hisse la voile, le vent est portant et avec le courant on arrive en une heure  à s'arrimer au quai à l'endroit réservé... On va enfin pouvoir faire notre  " frichti " et casser la crôute . Jean Turpin sera prévenu plus tard, on tire la passerelle qu'il faut déplacer en suivant le reflux de l'estuaire . Un journalier habitué du quai prévenu par Jean Turpin nous aide à décharger à la brouette sur le passe- pieds . On est pas loin de chez nous on va coucher à la maison ce soir... L'anecdote de ce voyage que j'ai inscrit bien plus tard sur le livre de compte , c'est que ce Jean Turpin que l'on connait bien ne nous a payé que 151 jours après . On est souvent trahi par ces amis et voisins proches car après on n'ose plus leur réclamer ou on se fache et on a perdu un client voire d'autres ! .

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 28/02/2013